La coccinelle qui survole le monde de la Comm

Mon job ? Transformer de la boue en or.

/ En quelques années, il s’est imposé comme l’un des meilleurs directeurs de production de Dakar. Focus sur Ibra Almamy @iam_ibra_almamy !  Originaire de Madina Torobé (Matam), Ibra passe sa jeunesse entre Pikine et Gorée et effectue une scolarité aussi agitée que brillante : il passe son temps à perturber et sécher les cours tout en obtenant les meilleures notes. Titulaire de 2 masters de droit, il a un destin tout tracé. Mais c’est lorsqu’il rend visite à son meilleur ami au studio Sankara qu’il commence à prendre goût à la production. En 2014, il prend le risque d’aller vers ce qu’il aime et demande un entretien. L’aventure démarre. A force de persévérance et d’ambition, Ibra maîtrise les arcanes du métier et se hisse au rang incontesté de directeur de production. «Mon boulot se résume en 3 mots : anticipation, organisation, préparation. C’est une vraie passion, c’est stimulant, tu voyages, tu rencontres des gens, tu crées chaque jour pour n’importe quel type de contenu ! Je dirais même qu’on finit par être différent des autres. Tu as un autre œil, tu fais attention aux détails du quotidien, tu vois les choses différemment, bref, on transforme de la boue en or. » Mais malgré la passion, son métier représente des inconvénients « tes proches ne te comprennent pas car tu n’es jamais là. »  Tourner pour la Royal Air Maroc avec Youssou Ndour, créer des explosions pour son premier long-métrage en production exécutive « Zéro » avec Gary Dourdan, Ibra cumule autant de souvenirs que d’expériences. Désormais à la tête de sa propre société @couro_prod_ et du média @senegalplus, il fait partie des 8 médias sénégalais sélectionnés par CFI Médias dans le cadre du projet Afri’Kibaaru. Si l’on pense qu’il n’a plus rien à prouver dans la production, Ibra n’a pas fini de faire parler de lui et n’en n’est qu’au début, même si dans dix ans il aimerait s’offrir une vie plus stable. « Bientôt je me vois fonder une famille avec des horaires de travail normales. Il sera temps que je comprenne que la production n’est pas un mode de vie mais un métier. »

Le monde bouge , il faut que les images bougent aussi

Son nom fait du bruit depuis plusieurs années à tel point qu’il est devenu une figure incontournable du milieu audiovisuel. Focus sur Mame Selemene Dieye, aka « Sele » @seleman_dieye. Enfant discret mais studieux né à Richard-Toll, c’est à SUP’IMAX (Dakar) qu’il part étudier. Tout le temps dans son coin, il s’amuse à créer des projets fictifs en 2D/3D. « C’est ce qui m’a vite permis d’avoir des connaissances et références sans pour autant avoir commencé à bosser. J’étais très curieux, et je remportais déjà plusieurs concours de logos d’animation. » Là bas, Sele développe très tôt ses compétences en motion design. « Quand mes camarades étaient concentrés sur la photographie et la création graphique, j’ai préféré cibler le motion design qui est une compétence rare sur le marché local. Je n’avais pas envie de faire comme tout le monde. » Malgré son talent, à la fin de ses études, Sele désespère de ne pas trouver de boulot. Mais c’est en 2014, le jour même où il décide de rentrer à Richard-Toll, que la chance lui sourit : « Zena Zeidan, fondatrice de Chouette Prod, lui offre un job après l’avoir repéré. Tout de suite, il est mis sur son premier gros projet, pour Orange. « C’était tellement opportun, je me croyais dans un rêve au point de sortir en criant ! » Depuis, un long chemin a été parcouru. Films, clips, publicités, vous avez forcément vu une création de Sele, un enfant de Richard-Toll devenu l’un des motion designer, réalisateur et monteur les plus cotés du pays. « La réalisation me permet de m’exprimer, le montage est un vrai hobby. J’adore aussi le sound design, qui rend les vidéos plus immersives. » Aujourd’hui à la tête de @wuruslab avec ses collaborateurs, Sele a pour prochain objectif de détonner dans le milieu du cinéma et être cité parmi les plus grands réalisateurs. En attendant, il est fier du chemin parcouru. « Ma plus grande réussite est peut-être d’avoir créé une énergie autour de moi, à travers ma détermination. J’ai pu servir d’exemple à beaucoup de gens dans mon entourage qui aujourd’hui s’en sortent même mieux que moi ! »

Un étudiant toujours à la recherche du savoir

Il lui aura seulement fallu quelques années pour imposer son nom sur les plateaux de tournage. Mais ce natif de Rufisque garde la tête froide : « on me dit être un directeur de la photo alors que je ne le suis pas encore, je me considère comme un étudiant vous savez… » Et pourtant, El Hadj Malick Sy est bel et bien directeur de la photographie, droniste, assistant caméra, monteur. Tout a commencé en classe de 5ème. Son père, ancien militaire, était passionné de photo et achetait souvent des appareils. Un jour, alors qu’il part en voyage, son fils fouille dans ses affaires et pique un appareil photo. La passion de l’image s’agrippe à lui comme un virus. « On avait aussi un ordinateur, c’est là que j’ai commencé le montage photo. » Une fois son bac en poche, Malick rejoint l’école SUP’INFO. Il sait déjà filmer et monter mais se perfectionne grâce à un professeur, Monsieur Boye, qui va le marquer à jamais. Malick est ensuite pris sur le tournage d’un film britannique où il est le seul technicien Sénégalais, son plus grand challenge nous dit-il, lui qui à l’époque n’avait pas encore fait toutes ses armes. Tout s’enchaîne ensuite pour lui, il fait un passage déterminant au Studio Sankara, « ils ont fait de moi un vrai technicien », puis il part en France pour replonger dans des études mais revient vite au Sénégal, rappelé par le terrain. S’il cumule aujourd’hui les casquettes et qu’il a encore du mal à se considérer comme un directeur de la photographie, Malick en parle avec passion et acuité : « le directeur de la photo est responsable de l’image et de la lumière, c’est aussi la personne qui épaule le réalisateur. C’est un poste essentiel. » Essentiel, comme son savoir-faire sur les plateaux. Dans dix ans ou moins, Malick se voit avoir sa propre entreprise et être cité parmi les 5 ou 3 premiers meilleurs techniciens d’Afrique. En attendant, malgré toute son expérience, il nous confie qu’il apprend toujours. « Je me vois toujours comme un étudiant à la recherche du savoir. »

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